L’écosystème des start-ups berceau de l’innovation en Suisse

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La Suisse continue d’étonner, avec un nombre en croissance permanente de jeunes entreprises innovantes et en constante évolution. Les habitués des showrooms sur les produits innovants, les participants aux conférences sur les nouvelles technologies, les « geeks du net » de tous âges aussi bien que les lecteurs de la presse traditionnelle : tout le monde a compris que l’innovation en cours de route dans l’écosystème des start-ups helvétiques est destinée à révolutionner notre avenir. En parallèle, une fois sortis des laboratoires et des espaces de co-working, les « startupeurs » de tout secteur d’activité se confrontent au quotidien avec les grands défis rencontrés sur le chemin de la réussite : la réponse à un besoin et la recherche de nouveaux investisseurs.

Un écran tactile affiche 2 minutes par intervenant. Que 120 secondes pour résumer plusieurs mois de travail et des dizaines de nuits blanches passées à tester le prototype d’un objet connecté, les mouvements d’un drone ou les fonctions d’un logiciel pilote pour les nanotechnologies. Nous l’avons vécu le 11 avril dernier à Lausanne, lors de la soirée de sélection au Seed Night 2016. Les unes après les autres, 16 start-ups présentaient leur « pitch » face à un public de quelques 150 personnes, installées dans l’amphithéâtre du SwissTech Convention Center de l’EPFL.

Connecté au formulaire en ligne accessible sur smartphone, un public composé de CEOs, de fondateurs d’entreprises, de scientifiques et de professeurs universitaires a voté pour le meilleur pitch de la soirée. Sans grande surprise, parmi les vainqueurs de la compétition nous avons retrouvé les professionnels de ménage de la start-up Batmaid, dont nous avons approfondi le modèle d’affaires novateur il y a déjà quelques semaines sur notre blog.

Comment satisfaire la demande du marché et trouver ainsi de nouveaux investisseurs ? L’ordre des termes dans cette question reflète la réalité du processus, car la satisfaction des besoins bien réels des clients représente sans doute le point de départ de toute stratégie commerciale à succès. Comme Batmaid le montre, la réponse immédiate aux nécessités du quotidien déclenche une évolution rapide des nouveaux modèles d’affaires. Le projet d’apporter leurs services dans toutes les villes de Suisse déclaré par les co-fondateurs Adreas Schollin-Borg et Eric Laudet est proche de se concrétiser.

Or, s’il n’y a pas vraiment de « formules magiques » assurant le succès d’une start-up, la plupart des intervenants à cette soirée ont convergé sur un point : l’importance de pouvoir compter sur une équipe de qualité. Nicolas Frey, fondateur de l’entreprise DAHU, l’a constaté aussitôt dès qu’il a voulu lancer sur le marché des équipements sportifs les chaussures de ski polyvalentes « bricolées » dans son garage. Pour cela, il a ensuite fait appel à un designer professionnel et à un expert en marketing digital. Aujourd’hui, un réseau international de points de ventes physiques, de centres de test et de distribution s’ajoutent à la boutique en ligne de la start-up et déterminent la promotion et la vente du produit.

Le même chemin est parcouru par les jeunes entrepreneurs désirant se positionner sur les marchés de niche. C’est le cas de l’équipe mère de FIMI, le biberon du futur. En prenant note des témoignages des parents dans les garderies et en questionnant les infirmières, un groupe d’étudiants lausannois s’est rendu compte que la préparation d’un biberon s’avère une tâche plutôt fastidieuse. À partir de cela, Philippe Gannagé et Florian Lemarignier se sont adressés à leur collègue de l’EPFL Xingyu Xu, étudiante en Master en Matériaux, afin d’intégrer un capteur de température à infrarouge dans une matière plastique et de garantir un fonctionnement optimal du produit final. Par ailleurs, grâce au développement d’une application basée sur la technologie Bluetooth, ce biberon connecté est ainsi capable de mesurer la température exacte du lait, mais aussi de transmettre sur un smartphone les statistiques sur la nutrition de l’enfant.

L’expérience de tous les jours a également inspiré les trois inventeurs de PocketCampus. « Un couteau suisse digital pour votre campus » est le message transmis aux milliers d’étudiants, de professeurs et de collaborateurs gravitant autour du monde académique. Aujourd’hui, cette application pour smartphones iOS, Android et Windows Phone compte quelques 10.000 utilisateurs mensuels, dont 6.000 hebdomadaires.

Le succès rencontré par les produits et services présentés ci-dessus répond à la deuxième partie de la question se levant de l’écosystème des start-ups : la recherche d’investisseurs. Si les conditions de réponse à un besoin, de versatilité et d’accessibilité à ces nouveaux produits et services sont satisfaites, alors l’intérêt des clients ne tarde guère à se manifester. En effet, si les banques ne sont pas très réceptives face aux requêtes de fonds avancées par les start-ups, la société civile fait preuve d’un intérêt croissant envers le concept d’un usage pragmatique de l’innovation.

Un retour concret  sur cette impression est donné par la panoplie de plateformes de crowdfunding disponibles sur le Web. Sur le modèle de Wecan.fund, les particuliers se montrent très sensibles au financement des nouvelles technologies présentées par un nombre de start-ups grandissant. L’implication et l’engagement direct de la société civile dans le soutien financier ou le prêt de fonds pour les entreprises innovantes ciblant le développement de produits et services destinés à améliorer radicalement son quotidien témoignent de la transformation en cours dans notre économie.

En janvier dernier, l’un des sparklers ONDACO exposait son point de vue sur la définition de « transformation digitale ». Fondateur de plusieurs start-ups et d’une spin-off de l’EPFL, le Dr. Toni Conde soulignait la nécessité de créer des nouveaux business destinés à enrichir le portfolio de produits et services offerts aux clients. En cela, l’écosystème des start-ups suisses est à même d’apporter une pierre essentielle à l’édifice de notre système économique : l’innovation.

Crédit photo : Adobe Stock

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